Candidat

Être un candidat résilient après une rupture professionnelle

Quelques conseils pour réussir vos futurs entretiens de recrutement après avoir vécu un burnout ou une situation de harcèlement.

Après une expérience qui s’est soldée par une rupture délicate voire conflictuelle  il peut être difficile de « se remettre en selle » et de reprendre le chemin des entretiens de recrutement.

Ne culpabilisez surtout pas et n’en ayez pas honte ! Cela est tout à fait normal et naturel.

Pour y arriver, laissez passer le temps nécessaire et lorsque vous vous sentirez d’attaque, préparez-vous au maximum pour être dans les meilleures dispositions. Croyez-en mon expérience : une bonne préparation est indispensable et ce même pour les plus aguerris !

Voici quelques conseils pour vous permettre de gérer au mieux cette étape et pour être tout simplement au top le jour !

Attendez d’être prêt

Si vous n’êtes pas en mesure d’évoquer votre dernière expérience professionnelle de manière apaisée et neutre sans y mettre trop d’affect, ne postulez tout simplement pas !

De manière peut-être contre-intuitive, mon premier conseil est donc tout simplement d’attendre, d’attendre d’avoir suffisamment « digéré » les choses pour postuler à de nouvelles offres d’emploi et d’être prêt à parler de votre parcours et tout particulièrement de votre dernière expérience professionnelle.

Il faut être prêt pour « affronter » un entretien de recrutement, à savoir n’être ni trop critique et virulent contre votre dernier employeur, ni trop émotif ou à fleur de peau.

Et cela vaut la peine de patienter quelques semaines supplémentaires car, comme le dit l’activiste David Swanson : « Vous n’aurez jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression. »

Soyez sélectif

Après un burn-out ou une expérience difficile, la tentation est grande de postuler à de nombreuses annonces pour maximiser vos chances, et surtout vous rassurer sur le fait que votre profil plaît… Erreur !

Sélectionnez avec attention les annonces qui vous semblent correspondre à vos attentes ainsi qu’à vos valeurs. Votre dernière expérience professionnelle n’a pas été des plus heureuses et la dernière chose que vous souhaitiez, c’est retomber dans le même genre de situation.

Aussi, soyez vigilant sur les entretiens que vous acceptez : renseignez-vous au maximum en amont sur l’organisation, jaugez sa e-reputation en consultant les avis déposés par les salariés sur des sites comme Glassdoor ou Indeed, regardez les vidéos de témoignages des collaborateurs disponibles sur le site de recrutement de l’entreprise, LinkedIn ou bien encore Welcome To The Jungle.

Enfin, profitez de l’entretien pour poser les questions qui sont vraiment importantes pour vous : quelles sont les valeurs de l’entreprise, sa culture, le taux de turnover, la politique d’onboarding et de formation, le style de management pratiqué etc.

Préparez en amont les questions sur votre parcours

Prenez vraiment le temps de réfléchir à la manière dont vous souhaitez présenter votre dernière expérience, aux enseignements que vous en avez tirés, à votre projet professionnel et aux objectifs que vous poursuivez.

Il est primordial que vous ayez fait ce travail préalable avant d’entamer toute démarche de recrutement. Sachez qu’une des premières questions qui vous sera posée sera justement : « Pourquoi vous êtes aujourd’hui à la recherche d’un nouvel emploi ? »

Il faudra que vous soyez prêt à y répondre avec clarté, aplomb, précision et de manière positive.

Concernant votre dernière expérience, vous pouvez expliquer que vous êtes parti de votre propre gré parce que la culture et les valeurs de l’entreprise ne vous correspondaient pas ou plus, parce que vous aviez envie d’évoluer et de gagner en responsabilités, parce que vous souhaitiez tout naturellement découvrir un nouveau secteur d’activité, ou bien une nouvelle manière de travailler et que cela n’était clairement pas possible au sein de votre dernière structure.

Si votre CV présente un « trou » de plusieurs mois du fait de votre dernière expérience professionnelle délicate, préparez impérativement votre réponse afin de l’expliquer de manière optimale à un recruteur et de ne pas vous laisser déstabiliser.  Malheureusement les « trous » ou « pauses professionnelles » sont encore trop souvent stigmatisés.

Par exemple : « Au bout de quatre années au sein de l’entreprise, je me suis rendu compte que ce poste ne correspondait plus vraiment à mes attentes. J’ai donc décidé de prendre du temps pour faire le point sur mes besoins, aspirations et compétences afin de faire émerger mon prochain projet professionnel ».

Les mentalités sont cependant en train d’évoluer comme la nouvelle section « pause professionnelle » proposée par LinkedIn l’illustre à merveille.

Ne critiquez pas votre ancien employeur

Ne vous répandez jamais sur votre ancien employeur en plein entretien d’embauche… Cela serait totalement rédhibitoire et vous disqualifierait aussitôt, même si les actes de votre dernier employeur sont clairement répréhensibles.

Pourquoi ? Parce que cela renvoie une image négative de vous, celle d’un insatisfait chronique et râleur invétéré. Sans compter que la personne en face de vous ne sait pas ce qu’il s’est réellement passé et, c’est peut-être regrettable, mais si vous lui faites part de difficultés avec votre dernier employeur, elle risque purement et simplement de vous ranger dans la catégorie des personnes « à risque », c’est-à-dire difficiles à gérer, voire fragiles ou instables. Ce qui mettra instantanément fin au processus de recrutement.

Ne cédez donc surtout pas à la tentation bien légitime de critiquer votre ancien employeur et de déblatérer contre lui. Cela vous serait inévitablement reproché.

Rassurez le recruteur !

Ne confondez pas non plus recruteur et ami, confident ou psy même si l’ambiance est cordiale. Un recruteur cherche avant tout à minimiser les risques d’erreur de recrutement ou de « casting ».

Il privilégiera donc toujours les candidatures qui lui offrent l’apparence d’un maximum de sécurité.

Sollicitez des références passées

Le recruteur pourra vous demander les coordonnées de plusieurs contacts pour effectuer des prises de références. En amont de tout entretien, préparez donc une liste de trois référents pour chacune de vos trois dernières expériences professionnelles qui pourraient parler de vous en termes favorables et que vous avez, bien évidemment, prévenus de cette démarche.

S’il vous semble impossible de trouver un tel référent au sein de votre dernière entreprise, expliquez que votre départ n’étant pas souhaité par votre employeur, celui-ci vous en tient rigueur et qu’il vaut mieux donc éviter de le solliciter.

Mais proposez, pour rassurer le recruteur, de communiquer le nom de référents d’expériences antérieures. Sachez qu’un recruteur ne peut pas, légalement, recourir à des prises de références « sauvages », il doit demander au préalable l’autorisation écrite du candidat pour contacter des référents définis. Ce qui est en réalité loin d’être pratiqué…

Dans tous les cas, cette prise de références est soumise à la réglementation du Code du travail et les questions relatives à la vie privée du candidat (religion, situation familiale, santé, etc.) sont évidemment exclues.

Choisissez votre vocabulaire

Préparez en amont des mots et tournures que vous souhaitez employer afin de véhiculer positivité, assurance et assertivité. Car les mots traduisent, si ce n’est trahissent, votre état d’esprit.

Choisissez des termes positifs qui mettent au maximum en valeur votre parcours et des verbes d’action qui montrent que vous êtes moteur : « J’ai souhaité développer telle compétence ou telle facette de mon métier », « j’ai donc postulé pour tel poste ou demandé à évoluer »…

Le recruteur ne doit pas avoir l’impression que vous vous laissez porter au gré des événements.

Écoutez-vous et faites-vous confiance !

Le jour J, l’entretien de recrutement se doit d’être un réel échange.

Il doit certes permettre au recruteur de vous évaluer, mais aussi vous donner la possibilité de décider si ce poste et cette structure vous correspondent, si vous pourriez vous y épanouir.

Si les réponses apportées par le recruteur ne vous semblent pas convaincantes ou insincères, fiez-vous à votre instinct et ne donnez-pas suite à l’entretien.

Vous êtes le candidat, vous avez le choix !

Mon dernier conseil est donc le suivant : écoutez-vous et faites-vous confiance !

Tags:CandidatRésilienceBurn outHarcèlement

Vous pouvez contribuer !