Burn out

Burn out : faites-vous l'autruche ?

10/05/2022

Le burn-out, ça n’arrive pas qu’aux autres...

Regardons la vie en face :

  • 38 % des salariés en détresse psychologique * (dépression et épuisement)
  • Quatre managers sur dix en épuisement professionnel.

C’est un grand craquement. Les journaux en parlent. Les organisations en parlent …  bref … tout le monde en parle. Collectivement, nous savons que l’épuisement professionnel avance à bas bruit. Qu’il se nourrit de nos dénis quotidiens, de notre manque de bienveillance envers nous-même. Nous l’entendons, nous le lisons. Pourtant, certains d’entre-nous continuent à travailler à s’en rendre malade. A s’épuiser jusqu’au dégoût. Jusqu’à ne plus rien ressentir. Jusqu’à avoir des difficultés à penser. Jusqu’à trimballer au quotidien des semelles de plomb. Jusqu’à vivre une vie qui n’a plus de sens. Jusqu’à être sans force, sans but. Jusqu’à se déprécier soi-même.

Etre sincère envers vous-même : parce que vous le valez bien !

Je vous propose de prendre quelques instants pour faire le point sur votre situation. Pour cela, je vous invite à examiner les propositions ci-dessous, et à regarder avec sincérité si elles vous ressemblent.

  • On dit de vous que vous êtes perfectionniste. Vous supportez assez mal la critique et vous êtes dur avec vous-même.
     
  • Vous pensez « Quand on veut, on peut », pour vous la volonté, ça compte plus que tout.
     
  • Vous êtes beaucoup dans la maîtrise. Vous surveillez vos paroles, votre comportement … vous refoulez vos émotions et vos besoins.
     
  • Vous vous sentez contraint de tous côtés. Coincé dans une situation dont vous ne voyez pas l’issue. Vous manquez de choix et de marges de manœuvre. Vous êtes tendu et oppressé.
     
  • Il y a peu de plaisir dans votre vie, peu de rire, peu de joie. Vous vous sentez souvent triste. Parfois même, vous ne ressentez plus rien, vos émotions vous fuient.
     
  • Vous avez l’impression de ne jamais vous reposer, de ne jamais être vraiment détendu. D’ailleurs, savez-vous de quand date votre dernier vrai week-end de repos, vraiment relaxant ?
     
  • Vous êtes régulièrement d’humeur irritable ou grincheuse. Vous êtes souvent dans des situations de conflits et de tensions. Vous êtes devenu négatif et cynique.
     
  • Vous vous sentez seul ou isolé. Vous ne vous confiez pas sur vos doutes et vos questionnements. Et même si vous vous donniez l’autorisation de verbaliser vos malaises vous ne sauriez pas à qui parler. Vous ruminez toujours les mêmes pensées.
     
  • Vous avez du mal à dire « non », et à poser des limites, vous acceptez trop.
     
  • Vous avez souvent des migraines, ou des maux d’estomac. Votre corps n’est pas « tranquille ».
     
  • Vous êtes tenté par une surconsommation addictive: alcool, nourriture, tabac…
     
  • Vous avez énormément de décisions à prendre. Tout vous semble également important et urgent. Les dossiers s’accumulent. Vous ne savez plus où donner de la tête. Vous avez trop de choses à faire ! Boulot et maison … ça se mélange !
     
  • Vous vous sentez fragile, en insécurité. Vous avez peur pour votre poste, peur de l’avenir en général. Vous doutez de votre valeur, vous vous trouvez insuffisant.
     
  • Vous vous sentez responsable des autres et des situations. Vous portez le monde sur vos épaules. Vous déléguez peu.
     
  • La fatigue vous accable, et vous dormez mal. Vous êtes sans énergie.
     
  • Vous avez du mal à mémoriser, à prendre des décisions, à vous concentrer. Réfléchir vous demande un effort.

Combien de points qui vous ressemblent avez-vous trouvé dans cette liste ? Et à quel degré d'inconfort ?

Il est crucial d’être vigilant sur la gravité et la fréquence de ces phénomènes, ainsi que sur leur combinaison. Si vous avez un doute, il est judicieux de consulter un professionnel de santé pour éclairer votre situation.

Des pistes pour réorienter votre vie vers un mieux-être professionnel

L’épuisement professionnel est l’accumulation de plusieurs facteurs. La constellation des soucis est particulière à chacun.

Par exemple, pour l’un ce sera une situation d’incertitude cumulée avec du perfectionnisme. Pour un autre une inquiétude latente couplée à un sentiment d’isolement, ou même de mise à l’écart.

Pour avancer vers un mieux-être, il serait utile de vous interroger sur les facteurs que s’appliquent à votre situation, puis à identifier celui sur lequel vous pouvez le plus facilement agir.

Sur un axe purement personnel, peut-être pouvez-vous reculer un peu sur votre perfectionnisme en apprenant à lâcher du lest, ou bien pouvez-vous apprendre à mieux vous affirmer. Ou bien encore dégager du temps pour de l’exercice physique, ce qui vous amènera sans doute à mieux dormir et à être moins stressé. Il y a aussi la fameuse question de la séparation vie pro / vie perso, et les dossiers qu’on amène à la maison de sa propre initiative. Et enfin, réfléchissez à avoir plus d’occasions de partage, à vous rapprocher de vos pairs, par exemple en vous intégrant à un groupe de codéveloppement.

Sur un axe plus organisationnel, interrogez-vous sur ce que vous attendez de votre entreprise et de votre manager. Voyez-vous des aménagements, même mineurs qui pourraient alléger votre charge de travail ?

Par exemple, des plus petits dossiers, des délais plus souples, ou bien d’avantage de ressources mises à votre disposition.

Ou bien encore une formation pour vous permettre d’être plus efficace et détendu sur certains outils que vous maîtrisez mal ? Dans les formations que j’anime (confidences pour confidences) j’avoue volontiers que je suis moi-même une torturée des outils de bureautique. Et pourtant je ne prends pas le temps de me former sérieusement, et je peste jour après jour après ces « usines à gaz », et je me stress inutilement ! Nous sommes tous pareils : paradoxaux, ambivalents, contradictoires, illogiques (parfois) et perfectibles (souvent) !

Au moment de terminer cet article, je vous invite à vous interroger avec sincérité sur votre engagement au travail. Et si cet engagement est excessif, source de mal-être pour vous ou vos proches, quel pourrait-être votre premier petit pas pour changer de cap ?
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*Baromètre cabinet Empreinte Humaine.

Tags:Burn outQVTSanté au travail

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