Emplois

Le BTP, grand pourvoyeur d’emplois non délocalisables

15/06/2021

Poids lourd de l’économie française et grand consommateur de main-d’œuvre, le BTP est un secteur pourvoyeur d’emplois très divers, pour tous les types de qualification. Lieu d’inclusion et d’ascension sociale par excellence, il offre toujours, malgré la crise, de belles perspectives d’insertion professionnelle, comme l’illustre notamment le chantier du Grand Paris Express.

Le BTP, qui regroupe toutes les activités de conception et de construction des bâtiments et des infrastructures, est l’un des premiers secteurs d’activité de l’économie française : il occupe 7 % de la population active et contribue pour près de 8 % au PIB, avec plus de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Selon l’Observatoire des métiers du BTP, le secteur compte plus de 650 000 entreprises, pour la plupart artisanales, mais aussi de nombreuses PME et bureaux d’études, ainsi que quelques majors. Le BTP emploie plus d’un million de salariés, a réalisé plus de 250 000 recrutements en 2019 et accueilli plus de 150 000 élèves et apprentis.

Suite à la pandémie et au premier confinement, qui a entraîné l’arrêt de nombreux chantiers et la mise au chômage partiel des salariés, le secteur a perdu près de 15 % de son chiffre d’affaires en 2020. Et les carnets de commandes des entreprises se remplissent toujours lentement pour le premier trimestre 2021. Toutefois, les mesures gouvernementales ont progressivement pris en compte que le BTP est une activité essentielle pour l’économie française. Les perspectives pour les prochaines années restent donc favorables et les prévisions de recrutement très positives. Selon une étude menée par l’État, la région et les organisations professionnelles, 68 000 emplois seront à pourvoir dans le BTP en Ile-de-France d’ici à 2024. Entre le Grand Paris express, les JO 2024 et les nouveaux quartiers, le paysage francilien est en effet en pleine transformation. Les chantiers vont s’accélérer et les besoins en main d’œuvre, déjà nombreux, iront croissants.

Des emplois non délocalisables et accessibles

Ouvriers non qualifiés et qualifiés, maçons, couvreurs, plombiers-chauffagistes, menuisiers, électriciens, conducteurs d’engins, techniciens, chargés d'études, chefs de chantier, conducteurs de travaux, ingénieurs… Selon l’enquête « Besoins en main-d’œuvre 2020 » de Pôle emploi, plusieurs milliers d’emplois seront à pourvoir dans de nombreux métiers. L’emploi dans le BTP concerne une grande variété de profils, du CAP au bac + 5. Quel que soit son niveau d’études, son expérience professionnelle ou son âge, il est possible de se former aux métiers du BTP, les formations proposées pouvant durer de quelques mois à plusieurs années.
Afin d’orienter les personnes en recherche d’emploi et les jeunes vers ces métiers, le gouvernement a pris des mesures dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution ». Une entreprise peut notamment accueillir et former un jeune en alternance avec une aide exceptionnelle de 5 000 à 8 000 €, rendant le coût de l’emploi quasiment nul la première année.

Les emplois du BTP sont également des emplois locaux et non délocalisables, qui jouent un rôle important dans la dynamique économique et sociale des territoires. À eux seuls, les chantiers du Grand Paris Express (GPE) vont mobiliser plus de 15 000 emplois directs par an. Pour la Société du Grand Paris (SGP), « la réalisation du Grand Paris Express est une source d’opportunités extraordinaires en matière d’emploi, d’insertion et de formation ». Pour s’assurer que les retombées économiques et sociales favorisent le développement de l’activité des territoires, la SGP intègre dans ses marchés des clauses de responsabilité sociale : au moins 10 % du volume horaire du chantier doit être réservé à des personnes en insertion et au moins 20 % du montant total du marché doit être réservé aux TPE/PME.

Sur les chantiers du GPE, la barre du million d’heures en insertion, réalisées par des personnes éloignées de l’emploi, a été franchie en octobre 2019, suite à la montée en puissance des travaux sur les lignes 15 Sud et 16. Afin d’appuyer la mise en œuvre de ces engagements au plus près des territoires traversés, la SGP multiplie les conventions avec les collectivités. Les entreprises s’étaient déjà engagées, fin 2019, à réaliser au moins 2,3 millions d'heures d'insertion pour la construction du nouveau métro. Et cela va continuer : au total, 15 millions d’heures d’insertion sont prévues sur 13 ans.

Le Grand Paris Express, une opportunité pour l’insertion professionnelle

L’établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir (GPSEA), qui intègre 131 communes, se félicite de cette initiative. La ligne 15 du GPE passera par les gares de l’Échat à Créteil et de Maisons-Alfort/Alfortville. Et en trois ans, plus de 300 personnes du territoire, dont une soixantaine de jeunes de moins de 26 ans, ont pu effectuer plus de 230 000 heures de travail. 28 personnes ont même été directement embauchées suite à des contrats de professionnalisation : 15 au sein d’Eiffage et 13 chez Razel-Bec, les deux entreprises du groupement titulaire des marchés de travaux sur ce tronçon. Pour les entreprises, le pari est également tenu : 20 % du montant total des travaux ont été exécutés par des TPE-PME locales.

Le grand chantier du lot 1 de la ligne 16 du métro – entre Saint-Denis Pleyel et Aulnay-sous-Bois –, également gagné par Eiffage en décembre 2018, a également des retombées économiques locales importantes. Eiffage a en effet signé une « Charte Entreprise-Territoire » avec Plaine Commune reprenant les objectifs de l’appel d’offres de la SGP : 10 % des heures du chantier, soit 500 000 heures, seront réservées à des publics en insertion professionnelle – demandeurs d’emploi depuis plus d’un an, bénéficiaires du RSA, jeunes de moins de 26 ans sans qualification... Cette charte prévoit également que 20 % du montant du chantier sera réservé à des TPE et PME, soit 360 millions d’euros.

De son côté, Demathieu-Bard a remporté le marché de la réalisation du lot T2C de la ligne 15 du GPE – en groupement avec Implenia, PIZZAROTTI, NGE et Atlas Fondations, un chantier qui mobilise plus de 300 personnes. À cette occasion, la société leader du groupement, d’une part emploie quotidiennement une dizaine d’ouvriers en insertion, d’autre part, s’est associé à des centres de formation de la région pour former une quarantaine d’opérateurs de tunneliers, œuvrant maintenant sur les chantiers du GPE.

Autre exemple : en juillet 2020, Eiffage et Engie ont remporté en groupement la réalisation du système de ventilation, de désenfumage et de décompression des tunnels des lignes 16 et 17 du GPE. Ce projet intègre également une forte dimension sociétale avec un engagement de 4 000 heures d’insertion professionnelle et 20 % des travaux confiés à des PME.

Très présent sur les chantiers du Grand Paris Express, Engie Solutions est également titulaire du marché des travaux de production et de fourniture d’alimentation électrique d’une partie des futures lignes 16 et 17 qui traverseront la Seine-Saint-Denis. Pour intégrer davantage de jeunes éloignés de l’emploi, notamment via les clauses sociales prévues par les marchés publics, le spécialiste de l’efficacité énergétique a signé un partenariat avec les Missions locales d’Ile-de-France. Cet accord doit permettre aux conseillers des Missions locales de mieux connaître les métiers d’Engie et les attendus en termes de savoir-être et de codes d’entreprise, pour sélectionner les bons profils et bien les préparer en amont... Mais aussi aux recruteurs d’Engie de mieux appréhender le profil des jeunes qu’ils accompagnent. Engie diffusera largement ses offres d’emploi, d’alternance et d’emplois francs dans le réseau des Missions locales.

De son côté, Eiffage s’est depuis longtemps mis en ordre de marche pour répondre aux clauses sociales désormais prévues dans les marchés publics. Le groupe va même souvent au-delà des exigences contractuelles et réglementaires. Par exemple, sur le chantier Ariane 6, plus de 100 000 heures de travail ont été réalisées par des personnes en insertion, pour seulement 62 000 heures prévues par la réglementation. Le PPP conclu en 2014 par Eiffage pour la rénovation de la Grande Arche de La Défense a également permis de proposer un projet global et durable d’insertion : un engagement de 110 000 heures d’insertion a été signé permettant d’engager avec la Maison de l’Emploi de Paris des actions sur l’alternance et la montée en compétences des personnes appelées à travailler sur ce chantier. Un exemple, parmi d’autres, qui montre qu’un secteur d’activité entier, comme le BTP, peut allier préoccupation sociale et performance économique.

Tags:EmploisBTPPerformance sociale

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