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Peur sur nos valeurs ou peurs des valeurs

Rester ouvert aux autres malgré les incohérences et les destructions


Une peur viscérale s’est enracinée au ventre et empêche d’agir. Les regroupant toutes, celle du virus, des attentats, ou de la distanciation sociale, la peur des autres s’est installée. Comportement émotionnel traumatisant, qu’est-ce qui pourrait l’atténuer ? Nos valeurs républicaines étaient pourtant fortes. Malmenées, on ne les comprend plus quand dans les faits elles opposent la liberté d’une pensée critique contre une fraternité qui ne se fiche plus des doctrines, une égalité de traitement mis à mal par une fraternité qui fout le camp…

Depuis longtemps les croyances affrontent les valeurs

La liberté, l’égalité et la fraternité ont besoin d’être reprécisées et légitimées pour continuer à exister. Les évènements les mettent à mal comme si leur apport avait été assimilé aux situations à risques, maladie, meurtres ou conflits politiques. Pourtant… aurait-on oublié qu’elles se sont construites dans le sang de l’espoir pour susciter l’émergence d’un nous collectif ? Les valeurs républicaines font-elles encore partie de notre identité citoyenne et singulière ? Les croyances les auraient-elles supplantées ?

Y a-t-il une différence entre croyance et valeur ? Les deux se situent à la fois sur un plan personnel et collectif et chacun en a son acceptation individuelle : croyance idéologique ou religieuse, valeur républicaine ou néolibérale. Ces différents courants pour ne citer qu’eux, les ont situées dans l’espace et le temps, se moquant bien de la courte vie de l’humain, l’emmenant parfois à sa destruction. Leurs influences dépendaient souvent des espaces : quand l’économie des pays du Nord affrontait celle des contrées du Sud ; l’idéologie de l’Ouest s’achoppait avec celle de l’Est. Et leur champ temporel balayait des moments implantés dans l’histoire, entre invasions, crises économiques ou révolutions.

Qu’est-ce qui a changé ?

La nouvelle genèse mondialisée des clusters idéologiques et religieux

L’identité singulière dispersée sur tout le globe au hasard de la mondialisation a cassé les collectifs temporels et spatiaux des croyances et des valeurs. Des clusters idéologiques et religieux se sont greffés de-ci de-là quel que soit le lieu dans une temporalité rapprochée. Et les États comme les individus ont continué à penser et agir comme si rien n’avait changé. Sauf que dans ce grand chaos universel de leur dispersion, les croyances et les valeurs n'appartiennent plus à un collectif d’individus situés géographiquement. Elles se sont réparties, multipliées et parfois dénaturées dans un repli sur soi protecteur des nouvelles adversités auxquelles faire front : l’immigration, la mobilité du travail ou les conflits armés. L’implosion de l’information de ceux qui la distribuaient dans des réseaux de plus en plus pléthoriques et orientés en a activé le courant…

La nouveauté de notre monde bouleversant est désormais celle de la répartition mondialisée des doctrines idéologiques et religieuses. Elles ont suivi les navires de la reconquête économique des nantis sans que ceux-ci aient anticipé la charge émotionnelle trop intense qu’ils embarquaient de facto dans leurs cales. Les virus ont aussi profité de cette dispersion anarchique…

L’influence économique de nos civilisations occidentales disperse l’individu sur des champs trop nombreux pour que la fréquence d’activation des valeurs républicaines contrebalance celle des préceptes religieux au quotidien. Les dernières atrocités seront-elles reléguées au stade d’indicateur d’un monde en perdition car il ne croit plus, ou prendront-elles la forme du symptôme d’un réveil républicain ?

La rupture covid nuit aux retrouvailles des singuliers

Nous avons besoin de croire en l’unité de nos valeurs. La culture et le développement de la pensée critique se sont retrouvés au premier plan des principes d’action de la liberté, de la fraternité et de l’égalité. Cette actualisation par les forceps d’un nouvel accouchement républicain dans la souffrance de son peuple, nous a tous réunis. Mais pour combien de temps encore ?

La suspicion de l’autre s’est glissée entre les masques de protection du covid. L’autre est devenu un danger pour sa propre santé. Comment lui rester ouvert quand tout interdit les rapprochements populaires et conviviaux ? Malgré la possibilité qui lui est laissée d’inscrire sa « Raison d‘être »[1] dans ses statuts, l’entreprise est elle aussi devenue un lieu de distanciation sociale. Elle aura à maintenir l’interaction entre les individus pour que ceux-ci continuent à s’y engager, à y croire encore…

L’impératif salvateur, persister à rester ouvert aux autres !

Toux ceux qui ont vécu des situations impossibles ou perdues d’avance, se sont souvent maintenus en vie envers et contre tout, grâce à leur ouverture d’esprit et de cœur. Cette volonté de croyance est bien répartie sur le globe, juste, on n’en parle pas assez dans les médias. Sera-t-elle aussi forte que celle qui pourrait la détruire avec pour glaive la peur de continuer à mettre en avant les valeurs républicaines ? Quel que soit le pays, la race, la nationalité, la différence, nous avons ensemble une dimension universelle qui pourrait renverser toutes les adversités, l’instinct grégaire. Rester unis, malgré la distanciation sociale ou les nombreux particularismes grâce à ce qui nous rend plus fort, une croyance partagée en notre liberté, notre égalité et notre fraternité.

Les systèmes d’interaction existent : la toile, les voisins, les collègues, la famille, la citoyenneté, le désir d’Alliance avec l’étranger…

Alors, si nous osions Etre Nous ?


[1] Loi NOTRE

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